Le Jardin de Monet à Giverny / Musée des Impressionnismes Giverny
Le Musée des Impressionnismes Giverny
Le Jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage
Du 1er mai au 15 août 2009
Après des années difficiles, la carrière de Claude Monet prend un cours favorable quand il s’installe en 1883 à Giverny. C’est alors qu’il commence à connaître un succès réel, et qu’il est reconnu comme un des peintres majeurs de son époque. Pour lui, une nouvelle vie commence et elle s’accompagne d’un renouvellement profond de son travail.
Après avoir été l’initiateur de l’impressionnisme, la révolution picturale la plus significative du XIXe, Monet devient un des plus grands peintres français du XXe siècle et le jardin de Giverny est au cœur de cette évolution. En inventant un motif qu’il peindra par la suite, l’artiste inverse en effet la démarche traditionnelle du peintre paysagiste.
Claude Monet
Claude Monet,
Nymphéas, vers 1914,
Huile sur toile
135 x 145 cm,
coll particulière © Tous droits réservés
L’exposition au Musée des Impressionnismes Giverny s’organise en trois sections, elle comporte une trentaine d’œuvres peintes, des photographies et documents d’archives. Entièrement consacrée au jardin de Giverny, elle met en évidence cette phase essentielle du parcours artistique de Claude Monet. Des œuvres remarquables sont présentées, dont certaines jamais exposées.
- 1. L’invention d’un paysage (1883 – 1904)
À Giverny pour la première fois, Claude Monet, qui a toujours aimé et peint la nature et les jardins, a l’occasion d’en dessiner lui‐même les contours. Dans le Clos normand original, il organise des parterres d’une profusion florale inouïe. Il crée ensuite de toutes pièces un fascinant jardin d’eau où la nature et son reflet se mêlent inextricablement. L’élaboration en est lente et laborieuse : elle nécessite des acquisitions de terrains et des démarches administratives contraignantes.
Ces transformations durent près de vingt ans ‐ de 1883 à 1904 ‐ et l’artiste modifiera encore les contours de l’étang en 1910. Au cours de cette période, Monet peint ses premières séries, les Peupliers, les Meules, les Cathédrales, les Matinées sur la Seine, aux environs de sa maison. Il voyage aussi pour trouver de nouveaux motifs : notamment à Bordighera, en Norvège, en Hollande ou à Londres. Mais, à l’exception d’un petit nombre d’œuvres peintes entre 1887 et 1897, il n’explore pas encore les possibilités picturales du jardin. Son élaboration sera donc évoquée, étape par étape, par des photographies, des lettres et des documents d’archives mis en scène.
Claude Monet
Claude Monet,
Le Bassin aux nymphéas : harmonie verte, 1899
Huile sur toile, 89 x 93.5 cm,
© Musée d’Orsay, Dist RMN
© Hervé Lewandowski
Claude Monet
Claude Monet,
Le Jardin de l’artiste à Giverny, 1900,
huile sur toile,81 x 92 cm,
© Musée d’Orsay, Dist RMN
© Hervé Lewandowski
- 2. Monet peintre du XXe siècle (1899 – 1926)
Tout change au tournant du siècle. En 1899, Monet commence à peindre le jardin de Giverny qui devient rapidement son motif de prédilection. Les formats, ronds, carrés, allongés, sont de plus en plus variés et de plus en plus grands. Les compositions, souvent défocalisées, sont moins lisibles. Progressivement, Monet invente un nouveau langage pictural ; il travaille désormais avec lenteur et difficulté comme en témoigne sa correspondance. De moins en moins objectives, ces toiles sont achevées ou entièrement réalisées à l’atelier. Au début des années 1910, l’artiste se consacre aux Grandes Décorations peintes dont l’aboutissement sera l’ensemble de l’Orangerie.
Les peintres de l’abstraction américaine des années 1950 se sont justement proclamés ses héritiers, mais Monet n’a jamais rompu avec le sujet. L’immersion dans la nature, la proximité du jardin lui sont nécessaires et lui inspirent un lyrisme puissant, absent de ses premières oeuvres impressionnistes. À Giverny, Monet cesse d’être le peintre de la vie moderne et devient le chantre d’une nature foisonnante.
Claude Monet
Claude Monet, Les Nymphéas, 1904,
huile sur toile, 87 x 93 cm, Ville du
Havre, musée Malraux
© Florian Kleinefenn.
- 3. L’élaboration d’une image (1905 – 1926)
Monet, qui avait inventé l’impressionnisme en peignant la Grenouillère côte à côte avec Renoir, a rarement permis aux autres peintres de représenter le jardin de Giverny qui est resté quasi exclusivement « son » motif. Les photographies de Monet dans son jardin sont en outre très nombreuses et furent largement diffusées.
C’est en 1905 que Louis Vauxcelles publie les premières photographies du jardin où l’artiste pose en gentleman-farmer, une figure qui s’efface rapidement au profit de celle du patriarche de Giverny qui s’imposera à la postérité. Les dernières photographies de Monet dans son jardin sont prises par Nickolas Muray vers 1926. Le regard de l’artiste y est caché par des lunettes et elles évoquent irrésistiblement la figure d’Homère, le poète aveugle.
Une trentaine de photographies témoignent de la mise en place de la nouvelle image de l’artiste.
Claude Monet
Thérèse Bonney,
Claude Monet sur le pont japonais dans son jardin à
Giverny, vers 1920,
tirage original, 22.5 x 17.4 cm,
© collection du musée Clemenceau
Claude Monet
Nickolas Muray,
Claude Monet dans son jardin à Giverny, 1926,
tirage original, 19 x 23.5 cm,
© collection du musée
Clemenceau
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Visuels – Courtoisie Musée des Impressionnismes Giverny
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